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En date du 7 dĂ©cembre 2023, dans lâhĂŽtel Green Park Resort de Bugarama, lâassociation BLTP (Burundi Leadership Training Program en sigle) a organisĂ© une rĂ©union de sensibilisation sur la lutte contre les violences basĂ©es sur genre Ă lâendroit des leaders des partis politiques Ćuvrant sur tout le territoire nationale.
Dans son mot dâouverture, le reprĂ©sentant du gouverneur a remerciĂ© le reprĂ©sentant de la BLTP pour avoir choisi la province de Muramvya pour la tenue de cette rĂ©union. Cette partie du pays est calme. Les quelques cas de violences basĂ©es sur le genre sont rĂ©primĂ©es conformĂ©ment Ă la loi. Il a ensuite souhaitĂ© les bienvenues aux diffĂ©rents leaders et staff prĂ©sents.
Dans son discours, la coordonnatrice de lâassociation BLTP a prĂ©cisĂ© que chaque annĂ©e le Burundi se joint Ă la communautĂ© internationale pour cĂ©lĂ©brer les 16 jours dâactivisme contre les violences basĂ©es sur le genre. Le thĂšme de cette annĂ©e est :ââTous ensemble, investissons nous pour prĂ©venir les violences contre les femmesââ. Ces 16 jours dĂ©butent le 25 novembre de chaque annĂ©e pour se terminer 10 dĂ©cembre. Le 25 novembre a une signification historique. Elle rappelle le meurtre de deux sĆurs dâorigine dominicaine tuĂ©es pour leur avoir dĂ©fendu leurs droits. LâONU dĂ©clarera cette date par aprĂšs comme une journĂ©e de lutte contre les violences basĂ©es sur le genre. Lâassociation BLTP a pris le devant pour Ă©veiller les esprits des leaders politiques pour que ces derniers sâapproprient les notions de lutte contre cette forme de violence. Parmi les activitĂ©s rĂ©alisĂ©es pendant cette campagne il y a la sensibilisation de ces engagements auprĂšs de diffĂ©rentes couches de la sociĂ©tĂ© burundaise.
Madame Calinie Mbarushimana, secrĂ©taire permanent au ministĂšre de lâintĂ©rieur dĂ©veloppement communautaire et de la sĂ©curitĂ© publique a remerciĂ© lâassociation BLTP pour son investissement dans la lutte contre les violences basĂ©es sur le genre. Elle a remerciĂ© les administratifs et les leaders politique pour leur rĂŽle dans le dĂ©veloppement du pays sans oublier lâinclusion de la femme dans la vie politique du pays. Elle a soulignĂ© lâimportance de cette rĂ©union. Les activitĂ©s de ce jour devront aider Ă la prise de conscience des consĂ©quences de ces violences. Les activitĂ©s de lâannĂ©e 2022 se sont dĂ©roulĂ©es dans la province Cibitoke. Certains engagements tenus nâont pas Ă©tĂ© raison pour laquelle elle interpelle tous et chacun de faire tout ce qui est de son pouvoir pour Ă©radiquer ces mauvais habitudes. Lâobjectif du gouvernement de transformer le Burundi un pays Ă©mergent en 2024 et le pays dĂ©veloppĂ©s en 2060 ne peut pas se rĂ©aliser sâil y a une partie de la population qui est discriminĂ©e et Ă©cartĂ©e. Les auteurs de ces violences sont la plupart des membres des partis politiques dâoĂč le rĂŽle de ces leaders est Ă©norme.
Selon Madame Anne Marie Bihirabake, experte en violences basĂ©es sur le genre, les femmes qui sâintroduisent dans la politique rencontre de nombreux problĂšmes. Ces problĂšmes sont dâordre culturel en premier lieu. La culture burundaise met la femme dans la position de seconde zone. Ses activitĂ©s se limitent au mĂ©nage seulement. Si elle essai de briser ce tabou et de sâapprocher aux autres pour sâĂ©manciper, toute la sociĂ©tĂ© se moque dâelle et la colle des noms vulgaires comme ââINGAREââ ou autres. Elle se trouve dĂ©couragĂ©e et choisit toujours cĂ©der et abandonner. Cette situation dâexclusion entraine la femme burundaise dans un autre dĂ©fit. Puisquâelle ne peut pas avoir le temps dâexercer un travail gĂ©nĂ©rateur de revenu, la femme burundaise est confrontĂ©e Ă une pauvretĂ© extrĂȘme. Elle ne peut cependant penser sâintroduire dans la politique car elle nâa mĂȘme pas de quoi se payer un ticket de transporter pour se joindre aux autres. ââChaque fois quâune femme se lĂšve pour se battre pour ses droits, chaque fois quâune femme est Ă©lue dans un poste technique ou politique, les hommes cherchent toujours Ă lui barrer la route et Ă entrainer sa chuteââ, a-t-elle martelĂ©.
Honorable Mbundagu Vestine et honorable Mutezinka Euphrasie ont donnĂ© leurs tĂ©moignages qui Ă©taient trĂšs Ă©mouvant. Vestine a Ă©tĂ© gouverneur de la province de Cankuzo sous la prĂ©sidence de feu President Ndadaye Melchior. Elle a racontĂ© comment la population de sa province ont planifiĂ© de se rĂ©volter et organiser de manifestation contre lâinvestiture dâune femme comme gouverneur de leur province. Comme elle avait un soutient du chef de lâĂ©tat elle a tenu. Elle a racontĂ© son parcours de combattant de lâuniversitĂ© jusque dans les organismes internationaux. Honorable Mutezinka a quant Ă elle dĂ©crit comment elle a Ă©tĂ© dĂ©couragĂ© par son entourage. Elle a racontĂ© comment les amis et les membres de la famille conseillaient son mari Ă propos dâelle mais que ce dernier lâa soutenu. Ces honorables dĂ©noncent les pourcentages constitutionnels de 30% qui ne sont mĂȘme pas respectĂ©es et en rĂ©clament 50.
Somme toute, tous les participants ont conclu que si la femme est soutenue, elle peut toujours rĂ©ussir. La coordinatrice de lâassociation BLTP a prodiguĂ© des conseils Ă lâendroit des femmes quâil revient Ă elles de se rĂ©veiller et de ne pas mettre de cĂŽtĂ© leurs mĂ©nages car le pays a comme base la famille et la femme y a un place plus quâimportante.
Lt Pol BIZIMANA André