MINISTERE DE L'INTERIEUR, DU DEVELOPPEMENT COMMUNAUTAIRE ET DE LA SECURITE PUBLIQUE

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MINISTERE DE L’INTERIEUR, DU DEVELOPPEMENT COMMUNAUTAIRE ET DE LA SECURITE PUBLIQUE

L’objectif global du MINISTERE DE L’INTERIEUR, DU DEVELOPPEMENT COMMUNAUTAIRE ET DE LA SECURITE PUBLIQUE est de mettre en œuvre le concept de la sécurité intégrale et intégrée du MSP.  (…)

Contacts

Ministère de la Sécurité Publique
Ngagara,Quartier Industriel,
Avenue Nyabisindu,N° 17
Bujumbura, Burundi.
Téléphone1 :+257 22 22 24 78
Téléphone2 :+257 22 22 98 67
FAX : +257 22 22 90 90
Boite Postal : 7413 Bujumbura

Secrétariat Permanent : +257 22258265
Assistant du Ministre : +257 22258264
E-mail : infos@securitepublique.gov.bi

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Bientôt, une politique nationale de la population au Burundi

Publié le dans la catégorie Actualités, Administration du territoire


En dates du 18 et 19 mai 2022, à l’hôtel Tropitel de Gitega, le ministère de l’intérieur, du développement communautaire et de la sécurité publique (MIDCSP), en collaboration avec le fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), a organisé un atelier de lancement des ateliers régionaux de consultation des parties prenantes à la base sur la politique nationale de population du Burundi.

Les travaux de cet atelier ont été ouverts par le ministre de l’intérieur, du développement communautaire été de la sécurité publique, Lt Gén Pol Ndirakobuca Gervais. Dans son mot de circonstance, le ministre a fait savoir que le Gouvernement  de la République du Burundi  reconnaît que les questions de population constituent un facteur primordial du développement économique et social du pays et oriente tous les efforts de développement vers l'amélioration des conditions de vie de la population. Ceci l’a conduit à mettre en place une équipe technique multisectorielle pour jeter les bases d'une société déterminée à prendre en main ses problèmes de population afin d'assurer un mieux-être aux générations futures. L’heure est  donc aux consultations  des parties prenantes en vue d’enrichir le contenu de la future « Politique Nationale de Population » et de s’en approprier car son  succès  dépendra de l'implication de tous les secteurs et acteurs de la vie nationale.

Il a indiqué que, selon les différents recensements  généraux de la population et de l’habitat organisés respectivement en 1979, 1990 et 2008, la population burundaise est passée de 4,028 millions (1979) à 5, 293 millions  (1990) et à 8, 054 millions (2008). Aujourd’hui, sur la même superficie de 27.834 km2, elle est estimée à plus de 12, 828 millions et pourrait atteindre 14,9 millions d’habitants en 2030 selon les projections démographiques de l’ISTEEBU.

Selon Lt Gén Pol Ndirakobuca Gervais, Cette situation ne peut manquer de conséquences dans la mesure où elle montre qu’on a beaucoup de bouches à nourrir et peu de bras pour produire, ce qui constituent un frein au développement économique et social, d’où toutes les parties prenantes doivent apporter leur pierre à l’édifice en vue de faire de la population burundaise, non pas une charge pour l’Etat, mais par contre un atout économique.

En vue de répondre à cette situation  quelque peu critique, des efforts doivent être particulièrement déployés notamment pour  réduire la fécondité;  réduire la morbidité et la mortalité maternelle, infantile et juvénile;  assurer une éducation de qualité de façon à développer des ressources humaines adéquates ;  encourager la gestion rationnelle de l'environnement ;  intégrer la variable population dans le processus de planification à tous les niveaux,  développer une société à la fois informée et consciente des défis que représentent la croissance rapide de la population et ses implications sur le développement national pour mieux jouer son rôle dans l'amélioration de la qualité de la vie de chacun, a fait savoir le ministre.

Il a ajouté qu’il s'agit aussi de centrer les efforts de développement sur la réduction de la pauvreté par l'augmentation de la production, l'aménagement du territoire y compris le regroupement de l'habitat ; la création de nouveaux emplois surtout en milieu rural, l'amélioration du statut de la femme, l'encadrement et l'insertion des jeunes dans les circuits de production, la promotion de la bonne gouvernance, la recherche et la collecte des données en population et développement pour renforcer leur intégration dans le processus de planification au niveau national et local.

Il a rappelé que le Gouvernement est préoccupé depuis longtemps par cette situation raison pour laquelle il avait déjà  lancé un programme de planification familiale à partir de 1983, ce qui fut renforcé par la création du Bureau de Coordination du Programme de Planification familiale (CPPF) en 1987. Cette volonté  a été  ensuite matérialisée par la création du projet « Information, Education et Communication en matière de population et de planification familiale en cette même année.

Pour le ministre, le projet de  politique nationale de population intervient dans un contexte à la fois national  et international convergeant.  Déjà en 1994, à l’occasion de la Conférence Internationale sur la population et le développement (CIPD) organisé au Caire en Egypte, il a été mis en exergue pour la première fois le lien entre population, réduction de la pauvreté et le développement durable.

En 2015, à l’occasion de l’adoption des objectifs de développement durable (ODD), la communauté internationale a également réaffirmé son engagement à placer la « population, la planète et la prospérité » au centre du développement durable et à ne laisser personne de côté.

En 2019, lors de la 52ème session de la Conférence des Nations Unies sur la population et le développement (CIPD), les états membres ont adopté une déclaration réaffirmant l’importance du programme d’action du CIPD pour orienter les politiques et programmes de population et de développement dans le contexte du programme de développement durable à l’horizon 2030 et par laquelle se sont engagés à prendre de nouvelles mesures pour assurer sa mise en œuvre intégrale, effective et accélérée.

C’est ainsi que à ce sujet, le Plan National de Développement du Burundi (PND 2018-2027) en a tenu compte lors de son élaboration en  relevant  pas mal de défis  au dividende démographique à savoir une politique nationale de la population, une maitrise de la croissance démographique de 2%, l’insertion socio-économique d’une population jeune, une fécondité de 3 enfants par femme, une éducation sexuelle responsable, l’élaboration d’un cadre légal, réglementaire et institutionnel et une éducation obligatoire pour tous. Tout cela montre à suffisance l’importance de l’élaboration d’une Politique Nationale de Population pour répondre à la dynamique de la population et aux défis du développement durable.

Lt Gén Pol Ndirakobuca Gervais a fait savoir que la future Politique Nationale de Population donnera des orientations claires pour faire face à l'impact de la croissance démographique élevée sur le développement socio-économique et visera à influencer les tendances démographiques futures. Elle soulignera l'importance de tenir compte des problèmes de population dans la planification du développement à tous les niveaux et sera guidée par le respect fondamental des droits humains et des libertés en rapport avec les croyances et pratiques socio-culturelles et religieuses, lesquelles sont exercées de façon responsable dans le sens de faciliter le développement.

Bref,  le but général de la Politique Nationale de Population est de contribuer à l'amélioration du niveau et de la qualité de la vie de la population burundaise tout en préservant l'environnement, pour atteindre un développement durable, a-t-il mentionné.

Les cérémonies d’ouverture de cet atelier ont également vu la participation du représentant résident du FNUAP au Burundi, monsieur Richmond Tiémoko. Dans son allocution de circonstance, il a rappelé que le monde a connu et continue de connaitre des mutations profondes au cours de ces dernières années. Des progrès notables ont été accomplis dans de nombreux domaines importants pour le bien-être humain, grâce aux efforts déployés. Toutefois, le Burundi comme les autres pays subsahariens se heurtent encore à des difficultés socioéconomiques et le nombre de personnes vivant dans la pauvreté reste malheureusement encore élevé.

Selon lui, au regard des défis démographiques et les pratiques de production agro-pastorale du Burundi, nombre des ressources indispensables à la survie et au bien-être des générations futures s’amenuisent et la dégradation de l’environnement s’intensifie sous l’effet de modes de production et de consommation non viables à long terme et d’une croissance démographique sans précédent.

Il a également indiqué que tous les changements qui contribuent à l’universalité des droits de l’homme dans divers contextes culturels ne peuvent être imposé de l’extérieur. Pour perdurer et porter fruit, il doit venir de l’intérieur. La culture compte parce que les traditions et les croyances culturelles, en ce qu’elles sont les fondements des lois, sont souvent plus fortes que celles-ci. Les différentes couches de la population, à travers leurs dirigeants ainsi que les organisations y affiliées sont les agents importants du changement pour influencer leurs sociétés à réduire les stigmatisations et discriminations et occasionner le changement qui émane de l’intérieur des communautés elles-mêmes.

Pour ce, il fait remarquer que  processus d’élaboration et de mise en œuvre de la politique nationale de  la population au Burundi ne peut aboutir à bon port sans l’implication effective des leaders à la base raison pour laquelle la consultation des leaders communautaires revêt une importance particulière à toutes les étapes.

Il a réitéré l’engagement du FNUAP à poursuivre son appui technique et financier pour que la politique nationale soit mise en œuvre dans le sens d’améliorer les conditions de vie de la population en général, des femmes, des jeunes et des filles en particulier.

Professeur Nsabimana Salomon, un des membres du comité technique mis en place pour élaborer cette politique, a fait savoir que la croissance démographique rapide engendre des conséquences sur le développement socioéconomique d’un pays et le niveau de vie de sa population. En outre, elle exerce une pression sur les ressources et les infrastructures socio-économiques disponibles. En conséquence, elle peut constituer un défi pour la planification du développement dans la mesure où les besoins risquent de croître plus vite que les ressources disponibles et empêcher les épargnes pour les investissements dans les domaines producteurs de richesse et aggravant, ainsi, la pauvreté des ménages.

Il fait savoir que dans notre pays, la population est actuellement estimée à 12,828 millions d’habitants dont 44,1% est âgée de moins de 15 ans, 65,7% est âgée de moins de 25 ans et un âge moyen de 21,3 ans.

Il indique que pour une population à majorité agricole comme celle burundaise, les conséquences de cette évolution rapide de population sont nombreuses et variées dans les secteurs de la protection sociale, de la santé, de l’éducation, de l’emploi, de l’eau potable et l’assainissement ainsi que de l’agriculture et l’élevage.

Pour faire face à ces multiples défis, le gouvernement doit agir sur 4 piliers que sont la planification familiale, le développement socio-économique, la gestion de l’eau et l’assainissement de base ainsi que la protection et la sauvegarde de l’environnement.

Signalons que cet atelier regroupait les gouverneurs, administrateurs communaux, commissaires provinciaux de la police, les délégués des confessions religieuses, des partis politiques, des forums provinciaux des femmes et des jeunes des provinces Gitega, Cankuzo, Ruyigi, Karusi et Mwaro. D’autres sont prévus pour les autres régions du pays dans la suite.   

Capt Pol Ndayisaba Corneille

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