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Du 15 au 19 novembre 2021, Ă lâhĂŽtel Royal Palace, la commission nationale permanente de lutte contre la prolifĂ©ration des armes lĂ©gĂšres et de petit calibre (CNAP), en collaboration avec le centre rĂ©gional sur les armes lĂ©gĂšres et de petit calibre (RECSA), a organisĂ© une formation sur la gestion des armes, des munitions et explosifs Ă lâendroit des officiers de la Police Nationale du Burundi (PNB) et de la Force de DĂ©fense Nationale du Burundi (FDNB) ainsi que le personnel de la CNAP.
La RECSA est une organisation rĂ©gionale regroupant les pays de la rĂ©gion des grands lacs, de la corne de lâAfrique et les Etats limitrophes. Conscients des effets nĂ©gatifs de la prolifĂ©ration des armes lĂ©gĂšres et de petit calibre (ALPCs) illicites, ces Etats ont adoptĂ© en Avril 2004 un instrument juridiquement contraignant, le protocole de Nairobi, pour la prĂ©vention, le contrĂŽle et la rĂ©duction de la prolifĂ©ration des armes lĂ©gĂšres et de petit calibre. Ces Etats ont Ă©galement convenu de crĂ©er une institution qui coordonnerait la mise en Ćuvre du protocole de Nairobi. Dans cette logique, le centre rĂ©gional sur les armes lĂ©gĂšres dans la rĂ©gion des grands lacs, la corne de lâAfrique et les Etats limitrophes a Ă©tĂ© crĂ©Ă© en juin 2005 par 12 Etats membres. Câest une organisation intergouvernementale dont le siĂšge se trouve en RĂ©publique du Kenya.
Aujourdâhui, les pays membres du RECSA sont le Burundi, le Djibouti, le Congo, la RĂ©publique centrafricaine, la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, lâErytrĂ©e, lâEthiopie, le Kenya, le Rwanda, les Seychelles, le Soudan du Sud, la Somalie, le Soudan, la Tanzanie et lâOuganda.
Du 15 au 19 novembre 2021, la CNAP en collaboration avec la RECSA, a organisĂ© une formation sur la gestion des armes, munitions et explosifs Ă lâendroit de 17 officiers de la PNB, 20 de la FDNB et 3 fonctionnaires de la CNAP. Les cĂ©rĂ©monies dâouverture des travaux ont Ă©tĂ© rehaussĂ©es par la prĂ©sence du ministre de lâintĂ©rieur, du dĂ©veloppement communautaire et de la sĂ©curitĂ© publique.
Dans son allocution de circonstance, il a rappelĂ© que la prolifĂ©ration, la circulation, le contrĂŽle et la gestion des armes lĂ©gĂšres et de petit calibre constituent un des sĂ©rieux dĂ©fis sĂ©curitaires auquel le monde entier est confrontĂ© actuellement. Ces derniĂšres sont facilement accessibles, relativement bon marchĂ© et techniquement simples Ă utiliser, ce qui fait quâelles soient prĂ©fĂ©rĂ©es par les criminels. Selon le ministre, cet Ă©tat de fait a exacerbĂ© la pauvretĂ© et crĂ©Ă© un Ă©tat dâinsĂ©curitĂ© contre lequel aucun dĂ©veloppement sĂ©rieux ne peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©. En rĂ©ponse aux effets dĂ©vastateurs de ces armes illicites sur la sĂ»retĂ©, la sĂ©curitĂ© et le dĂ©veloppement, la communautĂ© internationale en gĂ©nĂ©ral et la rĂ©gion des grands lacs en particulier, se sont dĂ©cidĂ©s dâaborder ce problĂšme et notre pays sâest engagĂ© dans ce processus, a-t-il ajoutĂ©.
Le ministre a Ă©galement fait savoir que les stocks dâarmes et munitions nationaux constituent parfois une des sources de leur propagation dâoĂč la problĂ©matique de leur contrĂŽle et de leur sĂ©curisation. Câest la raison pour laquelle la gestion et la sĂ©curisation des armes de lâEtat revĂȘtent un caractĂšre sensible, rigoureux et contraignant. Selon lui, les armes et munitions mal gĂ©rĂ©es et moins sĂ©curisĂ©es occasionnent une circulation illicite de celles-ci, ce qui constitue une menace pour la stabilitĂ© nationale et lâautoritĂ© de lâEtat. Elles compromettent la sĂ©curitĂ© des populations et entravent les efforts de dĂ©veloppement socio-Ă©conomique. Il a donc invitĂ© les participants Ă suivre avec intĂ©rĂȘt la formation afin de maximiser les acquis qui vont les aider Ă dĂ©velopper des capacitĂ©s Ă planifier et Ă exĂ©cuter des interventions de gestion dâarmes et munitions conformĂ©ment aux procĂ©dures opĂ©rationnelles et aux meilleures pratiques internationales.
Lieutenant GĂ©nĂ©ral Badreldin Elamin Abdelgadir, secrĂ©taire exĂ©cutif de la RECSA, a quant Ă lui signalĂ© que les vĂ©ritables armes de destruction massive sont les ALPCs. Le flĂ©au de lâabus des ALPCs nâest pas limitĂ© Ă une certaine rĂ©gion mais constitue un problĂšme, a encore fait remarquer. La rĂ©duction du trafic illicite dâarmes lĂ©gĂšres a donc Ă©tĂ© incluse dans les objectifs de dĂ©veloppement durable auxquels la communautĂ© mondiale sâest engagĂ© jusquâen 2030 et lâUnion africaine a adoptĂ© lâinitiative « silence les armes » pour crĂ©er des conditions propices au dĂ©veloppement de lâAfrique. Il a prĂ©cisĂ© que la RECSA a organisĂ© cette formation dans cet objectif.
Pendant les 5 jours quâont durĂ© les activitĂ©s, les participants ont Ă©tĂ© formĂ©s sur lâĂ©valuation des stocks nationaux, les procĂ©dures opĂ©rationnelles et les infrastructures. Ils ont Ă©galement fournis des pistes pour amĂ©liorer la gestion de la sĂ©curitĂ© et de la sĂ»retĂ© sur base des directives techniques internationales sur les munitions et les normes internationales de contrĂŽle des ALPCs.
Les cĂ©rĂ©monies de clĂŽture ont Ă©tĂ© caractĂ©risĂ©es par la remise des certificats aux laurĂ©ats. Le secrĂ©taire permanent au ministĂšre de lâintĂ©rieur, du dĂ©veloppement communautaire et de la sĂ©curitĂ© publique en charge du domaine de la sĂ©curitĂ© publique, CPC Ndayambaje AndrĂ©, avait reprĂ©sentĂ© le ministre. Il a fĂ©licitĂ© ces laurĂ©ats et les a appelĂ©s Ă faire usage des connaissances acquises en vue de maintenir en toute sĂ©curitĂ© les armes et munitions de toutes les unitĂ©s. Selon lui, tous les stocks de lâEtat sont soumis aux risques de vol et dâexplosion inattendue mais ces derniers sont rĂ©duits considĂ©rablement par lorsquâils sont maintenus efficacement. Il a Ă©galement promis que le MIDCSP fera tout le nĂ©cessaire pour que la lutte contre la prolifĂ©ration des ALPCs soit une rĂ©alitĂ©.
Notons que cette formation est la premiÚre à avoir lieu dans notre pays. Les lauréats les plus brillants vont recevoir une formation de formateurs pour devenir des instructeurs régionaux qui seront appelés à conduire des formations nationales.
OPP2 Ndayisaba Corneille